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Anthony, RETOUR TRIATHLON L - ALPE D’HUEZ (05/08/2026)


Publiée le par THIERRY PLACE

RETOUR TRIATHLON L - ALPE D’HUEZ (05/08/2026)

Tout commence en juillet 2025, au retour du format M de l’Alpe, dans la voiture où je branche Pascal et Laurent pour s’inscrire sur le format L en 2026 — une épreuve essentiellement basée sur le parcours vélo, et ce, en toute connaissance de cause. Pascal me dit rapidement non et choisit de refaire le M, tandis que Laurent valide après quelques semaines de réflexion pour me suivre dans ce défi. Dans mon cas, j’avais choisi cette épreuve dans la continuité de ma progression après mon Half de Nice en 2025.

Je ne commence réellement mes entraînements (natation, vélo, course à pied) qu’en février, après m’être remis d’une tendinite à la cuisse. Pour l’anecdote, je me souviens parfaitement de l’une de mes premières sorties vélo avec Stéphane et Maxime : 40 km très compliqués. Je me suis dit : « Bon, eh bien tu repars de pas grand-chose, il va falloir prendre conscience de la difficulté du défi dans lequel tu t'es lancé. »

Je ne m’étais inscrit qu'à un seul triathlon avant : le format M de l’Openlake de Lyon, le 16 mai 2026. Un retour moyen, mais les bases étaient revenues. C'était donc encourageant pour la suite des entraînements, avec toujours en tête ce défi d'août.

Comme pour le Half, je décide de mettre en place un planning rigoureux pour mes entraînements jusqu’à mi-juillet, en fonction de mon organisation personnelle (et c’est là que les choses se compliquent !). Comme je le dis souvent, le plus dur pour moi n’est pas l’épreuve le jour J, mais bien les mois d’entraînement qui la précèdent.

Me voilà mi-juin, la semaine où j’ai calé la reconnaissance du parcours vélo. Je savais que je partais dans le dur : j’avais analysé les difficultés, les cols, etc., tout en connaissant déjà la montée de l’Alpe. Et pourtant… … Le choc dès la première montée du Grand Serre ! Le choc dans le col de l’Ornon, et K.O. au 2ᵉ virage de l’Alpe sous une chaleur étouffante.

Je décide direct d’y retourner le week-end suivant pour appréhender ce parcours différemment. Je finis mieux, mais toujours pas au sommet de l’Alpe. Je me dis : « Bon… Antho, ce n’est pas gagné ton défi. » J’en prends conscience et je continue mes dernières sorties vélo, avec des enchaînements du style Burdignes trois fois aller-retour, etc. Je me sens mieux, il y a plus d'intensité, et je reprends confiance en moi jusqu’au jour J.

Me voilà mercredi 5 août devant le lac, Laurent à côté de moi dans notre couloir intermédiaire, qui me dit : « Il y a un an, Antho, tu m’as chauffé et on y est ! Finalement, ça passe vite ! » Moi, je sais que la journée va être longue et que mon épreuve va se jouer dans la montée de l’Alpe. Je sais parfaitement que la barrière horaire de 18h45 va être compliquée à aller chercher. Je connais mes temps presque par cœur ; la seule inconnue pour moi reste la CAP, mais je n’y pense pas.

Je me base sur 54 min de natation et une arrivée au pied de l’Alpe vers 17h. Je suis réaliste sur mes performances et je veux surtout en garder sous le pied pour monter les 21 virages. (Comme seul repère sur le M, j’étais monté en 1h37 avec un mal de ventre terrible en 2025).

Je ne commence pas top : 1 000 m en brasse et 1 200 m en crawl pour rattraper un peu la distance. Je croise Hervé en T1, pas bien mieux que moi, on n'arrive pas à parler. Il part devant moi en me souhaitant tout de même une belle course. Résultat : 57 min à ma montre. Ce n'est pas très grave, quelques minutes de plus ne changeront rien à la journée, mais je ne me sens pas au top.

Sur le vélo, le début n'est pas trop mal, je roule comme les autres. Mais je déjante direct dans la montée du Grand Serre. Je ne suis pas à l’aise sur mon vélo, je n’ai pas mes repères, j’avance mal… Bref, c’est long. Je croise Séverin, puis Mathieu. Arrivé en haut du col, je jette mes deux grands bidons d’eau et d’énergie en me disant : « Il faut que je change mon alimentation, ça ne va pas. » Je reste sur les mêmes marques de toute façon, ça ne peut pas être pire. Je prends le temps de reprendre confiance, de manger, de boire, et je repartirai avec deux nouveaux bidons.

Col de Malissol : De meilleures sensations, et je sais que derrière c’est cool jusqu’à Valbonnais. Je reste structuré : je mange, je bois et je repartirai ! Valbonnais : Je suis bien, mais j’ai très mal sous les pieds. J’enlève mes chaussures, je me masse, je recharge mes bidons et je me prends une douche dans le dos car ça commence à chauffer. Il est presque 14h30. Je fais mes calculs et je comprends que ça me positionne au pied bien avant 17h — mais sait-on jamais si je cale avant.

Je recroise Mathieu presque au sommet du col de l’Ornon. J’ai chaud, mais les jambes ne sont pas si mal (mieux que sur mes deux recos précédentes au même endroit). J’attaque la descente relativement vite (pour moi). Je double plein de gars et me retrouve très vite à Bourg-d’Oisans.

Maintenant, je sais que le juge de paix est là. 16h30 : je suis en avance par rapport à ce que je pensais. Je pense à mes collègues : Ludo, JM, Clément, Pierre-Jean, Romain, Laurent, Hervé… Où sont-ils ? Certains ont dû commencer la CAP, peut-être même franchir la ligne d’arrivée.

Montée de l’Alpe : Premier virage sur le vélo, pas du tout dans le rouge… Waouh, que se passe-t-il ? Je recroise Mathieu, je passe La Garde, je me pose. J’ai mal sous les pieds, ça me brûle de fou (à gérer pour les prochaines fois, d’ailleurs). Je mange, je bois, petite douche histoire de repartir moins chaud. Je prends le temps de réfléchir à la suite avec cette barrière de 18h45 : je me dis que c’est possible, mais qu'il ne faut pas trop s’arrêter non plus.

J’attends Huez avec impatience et sa fan zone (je me souviens tellement des frissons en y passant en 2025 !). Eh bien cette année, personne. J’avoue que là, je me dis : « Mec, tu es dans les derniers, il n’y a plus personne pour t’encourager… » Je prends un coup au moral. Il est 17h40. Je me dis que ça va le faire, je n’ai pas mal aux jambes, juste les pieds qui brûlent. À ce moment-là, je n’ai plus de repère de temps, je ne sais plus du tout si je peux finir la montée en 1h ou pas. Je décide d’accélérer un peu. C'est impossible que je n’arrive pas en haut avant 18h45 ! Je décide de ne plus m’arrêter et je règle ma montre uniquement sur l’affichage de l’heure.

Je pose le vélo à 18h30 (montée de l’Alpe en 1h59, soit seulement 22 min de plus que l’année dernière). Là, je me dis : « C’est bon, c’est derrière. » J’attaque la CAP sans savoir où je vais dans les heures qui arrivent.

MAIS les collègues sont là, ainsi que ma famille et ma compagne pour me rebooster à bloc ! Un bien fou pour le moral. Je croise PJ, Romain et Laurent qui sont dans le mal. Je m’analyse par rapport à eux et me trouve finalement bien… Mais pourquoi ? Je n’ai pas assez forcé ? Pas assez dans le dur ? Trop sur la réserve ? Ce seront des points à éclaircir pour la suite de mes triathlons.

Je fais mon premier tour sans m’arrêter, pas si mal (à mon niveau). Les collègues sont toujours là, à bloc pour moi. Pour le deuxième tour, je m’arrête dans les montées. J’ai envie de manger du salé, c'est limite une obsession, je ne peux plus voir les gels ! Pas de chance, plus de biscuits Tuc pour les derniers… Dommage. Repiqûre de boost des collègues au deuxième passage. J’enchaîne mon dernier tour, je marche dès la première montée que vous connaissez tous (donc toujours pas de Tuc pour moi !). Pas grave, je me relance et je repars en me disant : « Maintenant, jusqu'au bout sans s’arrêter, Antho ! »

Pas de douleur particulière. Je vois mon Raph en haut de la deuxième montée qui me dit : « Cool Antho, les autres marchent, t’emballe pas, c’est bon, c’est fini ! » Il se met à courir avec moi.

Je me demande une nouvelle fois pourquoi je finis comme ça, relativement bien physiquement (à mon niveau, bien sûr), ce qui me propulse sur la ligne d’arrivée pour signer un temps de 11h26 min. Très loin derrière les collègues en termes de performance, bien évidemment, c’est factuel, les écarts sont là. Mais dans mon cas, c'était un défi 2026 peut-être un peu ambitieux, mais relevé avec énormément de plaisir. Et oui, du plaisir ! Des paysages de fou, une organisation de dingue, et des encouragements de vous toutes et tous qu’on ne peut pas oublier quand on est dans l’épreuve.

Quel défi en 2027 ? Je voulais attendre de voir ce morceau avant toute projection pour l’année prochaine. Un Full ne sera pas pour l’an prochain je pense… Peut-être refaire le L, avec l’objectif d'aller plus loin dans les sensations et de réduire ce chrono !

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